Un
homme au sommet de sa gloire, sa chute brutale puis sa lente
rédemption pour tenter de retrouver les chemins du succès.
L'histoire est un classique d'Hollywood tant elle résume à elle
seule le rêve américain. Le traitement ici ne prétend
révolutionner la chose, reprenant les archétypes du genre (les
fidèles qui se dispersent lorsque tout va mal, le manager guidé par
l'argent, l’entraîneur en marge des circuits remettant le héros
sur pieds...) pour nous conduire sur un chemin balisé. Comme souvent
pour ce genre de film c'est en la performance des acteurs que réside
ou non le succès du projet. En l’occurrence, Jake Gyllenhall qui,
dans le rôle titre, nous offre une interprétation de premier choix
et démontre une nouvelle fois son talent d'acteur. Plus discrets,
les seconds rôles n'en reste pas moins de qualités à l'image de
Rachel McAdams et Forest Whitaker (certes pas sa plus grande
performance, mais sa carrière offre une comparaison exigeante). Au
final le film est l'image de ce que fut un temps la boxe : on
connaît le résultat par avance mais le spectacle n'en reste pas
moins appréciable.
Il meurt à la fin
jeudi 6 août 2015
vendredi 31 juillet 2015
Renaissances
L'idée
autour de laquelle le film est bâti est plutôt originale mais
trouve ses limites lorsqu'il s'agit d'offrir un angle de traitement
novateur. En effet, passé le scénario, Renaissances
se révèle être un film d'action relativement classique utilisant
la trame et les codes du genre (le héros manipulé luttant contre
une organisation/entreprise mystérieuse prête à tout pour
préserver son secret, la fille à protéger, l'antagoniste
récurant…) sans parvenir à
y ajouter son petit plus.
Le résultat s'avère distrayant mais sans véritable surprise,
remplissant son contrat de film estival qui se laissera facilement
oublié passé le générique.
jeudi 30 juillet 2015
While we're young
Cela
commence avec la légèreté d'une comédie dans laquelle on se
laisse rapidement happer, puis le ton change peu à peu, gagnant en
sérieux. Plus que sur le couple incarné par Naomi Watts et Ben
Stiller, le film se focalise en fait sur la relation (presque
fascination) entre ce dernier et Adam Driver, dont le personnage
énigmatique se révèle le plus ambigu et travaillé. Si ce
développement offre des perspectives plutôt intéressantes, on
finit cependant par regretter l'élan insufflé en première moitié,
car la distinction trop marquée entre la partie comédie et la
partie drame entraîne inévitablement une nette baisse le rythme et
laisse au final l'impression d'une œuvre indécise.
mardi 28 juillet 2015
Terminator Genisys
Le
voyage dans le temps est tout de même une invention formidable.
Parce qu'il nous offre la chance de pouvoir rencontrer les grands
hommes du passé ? Parce qu'il nous permet d'enrichir nos
connaissances historiques ? Parce qu'il nous donne l'occasion de
corriger nos erreurs ? Oui, sans doute... mais surtout parce
qu'il est un moyen des plus efficace pour recycler les vieilles
licences. Alors que les deux derniers épisodes ont été loin
d'atteindre les sommets de leurs illustres prédécesseurs, les
producteurs ne se sont pas déclarés vaincus pour autant et nous offrent
un nouvel opus de la saga Terminator. Une suite en forme de reboot, car si
on débute en terrain connu avec la victoire sur les machines et
l'envoi de Kyle Reese dans le passé, les choses prennent très vite
une autre tournure à l'arrivée de celui-ci en 1984, et pour cause :
le passé à changé. À vouloir redonner un nouveau souffle à la
saga, le réalisateur oublie ce qui en a fait les fondements. En
effet, dans le premier épisode les héros se trouvent face à un
ennemi implacable et invincible dont même l'expérience militaire de
Reese ne peut venir à bout, et si, dans le second volet, Sarah
Connor n'est plus une frêle jeune fille et se retrouve de surcroît
épaulée par un Terminator, la fine équipe n'a que peu d'espoir de
pouvoir contrer le terrifiant T-1000. Dans les deux cas nos héros
traqués sont sous la menace permanente d'un ennemi tenace face
auquel la fuite est toujours la meilleure option. Un sentiment de
vulnérabilité quasiment absent de ce nouvel opus tant les
personnages nous donnent l'impression d'être des guerriers de choc
prêts à affronter toutes les situations. D'ailleurs, se sont eux à
qui l'initiative revient la majeure partie du temps, leur antagoniste
n'étant là que pour contrecarrer leurs plans plus que pour leur
mener la chasse. Privé de cet aspect clé de la saga, ce nouvel
épisode s'en trouve réduit à un énième film d'action plus proche
d'un film de super-héros dans lequel les protagonistes vont sans
peine à la castagne. Du coup, on s’ennuie, d'autant plus que le
scénario n'apporte rien de très fort ni original pour sauver
l'ensemble. Heureusement pour nous, nul besoin d'une machine à
remonter le temps pour retrouver un Terminator de qualité :
un bon lecteur DVD suffit.
A trois on y va
Un
couple de trentenaires dans la banlieue lilloise, ils ont acheté une
maison, ils s'aiment, ce qui ne les empêche pas d'être infidèles.
Lui la trompe avec sa meilleure amie, Mélodie. Elle aussi le trompe,
elle aussi avec sa meilleure amie, elle aussi avec Mélodie. Mélodie
est avocate, elle aime le couple tout comme elle aime chacun de ses
amants. Alors elle se démène pour faire cohabiter dans sa vie
chacun de ces éléments en apparence incompatibles. Jérôme Bonnel
renouvelle ici le triangle amoureux, pour un résultat plein de
fraîcheur, qui toutefois, comme la grande majorité des films du
genre, n'échappe pas à une fin en demi-teinte. Le tout est
magnifiquement porté par la pétillante Anaïs Demoustier, parfaite
dans ce rôle de jeune femme à cent à l'heure refusant de sacrifier
l'amitié à l'amour, et l'amour à l'amitié.
Caprice
N'étant
pas familier avec la filmographie d'Emmanuel Mouret, c'est par la
bande annonce que je me suis laissé guidé vers ce film. Sur le
papier l'histoire de cet homme lunatique et un peu gauche, se
découvrant Don Juan malgré lui, amené à se débattre entre son
amour pour la femme qu'il envie depuis toujours et les assauts
pressants et répétés d'une jeune admiratrice s’avérait
prometteuse. À l'écran, en revanche, on déchante bien vite. Car si
les ingrédients sont réunis, l'émulsion ne prend pas. Le monde mis
en scène par le réalisateur peine à convaincre. Pas une seconde il
ne nous laisse l'impression que les personnages évoluent dans un
univers qui pourrait exister au-delà des salles obscures. Ainsi,
quelle que soit la situation, on se retrouve avec cette désagréable
sensation de ne voir autre chose que des acteurs piégés dans un
décor de cinéma. Pour ne rien arranger le film donne l'impression
d'osciller entre les genres. Commençant comme une comédie légère,
il cherche, parfois, une profondeur qui ne fait qu'en casser le
rythme, là où, passée la seconde moitié, il hésite presque avec
le thriller psychologique. De fait, ce qui s'annonçait comme un
moment de légèreté nous étouffe dans une lourdeur plombante.
lundi 27 juillet 2015
La ligne rouge
Autant
le dire tout de suite, La ligne rouge risque d'en rebuter
certains. Il ne s'agit en effet pas d'un film de guerre au sens où
on l'entend habituellement, mais plutôt un film sur la guerre et les
hommes qui la font. Car si on retrouve ici les scènes de batailles
propre aux films guerriers (dont la qualité n'a d'ailleurs rien à
envier aux monuments du genre), Malick cherche plus à nous en
montrer l'horreur et l'absurdité qu'à nous doper d'adrénaline en
nous plongeant au cœur de l'action. Ici les soldats ne sont pas des
machines à tuer surhumaines prêtes à braver le danger. Ils ont
peur, peur de mourir, que ce soit avant l'assaut ou sur le champ de
bataille. Cette peur ce change pour certains en folie, pour d'autre
en courage, ne laissant au final d'un massacre confus. Ces scènes de
combats sont entrecoupées de réflexions intérieures des différents
protagonistes, arrêtant alors le temps pour ne laisser qu'une voix
off flottant sur les images maîtrisées et contemplatives. Le
résultat est parfois irréel laissant l'impression de visionner le
film sous acides. De fait de son rythme (très posé), sa longueur
(près de 3h), sa photo (superbe), sa narration, l’œuvre de
Terrence Malick est difficilement comparable à ce qu'on a l'habitude
de rechercher dans les salles obscures. Plaisante à voir, on ne
pressera sans doute pas pour la revisionner à l’excès, pourtant,
elle exerce encore, quelques heures après le générique, une
certaine fascination.
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