jeudi 6 août 2015

La rage au ventre





Un homme au sommet de sa gloire, sa chute brutale puis sa lente rédemption pour tenter de retrouver les chemins du succès. L'histoire est un classique d'Hollywood tant elle résume à elle seule le rêve américain. Le traitement ici ne prétend révolutionner la chose, reprenant les archétypes du genre (les fidèles qui se dispersent lorsque tout va mal, le manager guidé par l'argent, l’entraîneur en marge des circuits remettant le héros sur pieds...) pour nous conduire sur un chemin balisé. Comme souvent pour ce genre de film c'est en la performance des acteurs que réside ou non le succès du projet. En l’occurrence, Jake Gyllenhall qui, dans le rôle titre, nous offre une interprétation de premier choix et démontre une nouvelle fois son talent d'acteur. Plus discrets, les seconds rôles n'en reste pas moins de qualités à l'image de Rachel McAdams et Forest Whitaker (certes pas sa plus grande performance, mais sa carrière offre une comparaison exigeante). Au final le film est l'image de ce que fut un temps la boxe : on connaît le résultat par avance mais le spectacle n'en reste pas moins appréciable.

vendredi 31 juillet 2015

Renaissances




L'idée autour de laquelle le film est bâti est plutôt originale mais trouve ses limites lorsqu'il s'agit d'offrir un angle de traitement novateur. En effet, passé le scénario, Renaissances se révèle être un film d'action relativement classique utilisant la trame et les codes du genre (le héros manipulé luttant contre une organisation/entreprise mystérieuse prête à tout pour préserver son secret, la fille à protéger, l'antagoniste récurant…) sans parvenir à y ajouter son petit plus. Le résultat s'avère distrayant mais sans véritable surprise, remplissant son contrat de film estival qui se laissera facilement oublié passé le générique.

jeudi 30 juillet 2015

While we're young




Cela commence avec la légèreté d'une comédie dans laquelle on se laisse rapidement happer, puis le ton change peu à peu, gagnant en sérieux. Plus que sur le couple incarné par Naomi Watts et Ben Stiller, le film se focalise en fait sur la relation (presque fascination) entre ce dernier et Adam Driver, dont le personnage énigmatique se révèle le plus ambigu et travaillé. Si ce développement offre des perspectives plutôt intéressantes, on finit cependant par regretter l'élan insufflé en première moitié, car la distinction trop marquée entre la partie comédie et la partie drame entraîne inévitablement une nette baisse le rythme et laisse au final l'impression d'une œuvre indécise.

mardi 28 juillet 2015

Terminator Genisys



Le voyage dans le temps est tout de même une invention formidable. Parce qu'il nous offre la chance de pouvoir rencontrer les grands hommes du passé ? Parce qu'il nous permet d'enrichir nos connaissances historiques ? Parce qu'il nous donne l'occasion de corriger nos erreurs ? Oui, sans doute... mais surtout parce qu'il est un moyen des plus efficace pour recycler les vieilles licences. Alors que les deux derniers épisodes ont été loin d'atteindre les sommets de leurs illustres prédécesseurs, les producteurs ne se sont pas déclarés vaincus pour autant et nous offrent un nouvel opus de la saga Terminator. Une suite en forme de reboot, car si on débute en terrain connu avec la victoire sur les machines et l'envoi de Kyle Reese dans le passé, les choses prennent très vite une autre tournure à l'arrivée de celui-ci en 1984, et pour cause : le passé à changé. À vouloir redonner un nouveau souffle à la saga, le réalisateur oublie ce qui en a fait les fondements. En effet, dans le premier épisode les héros se trouvent face à un ennemi implacable et invincible dont même l'expérience militaire de Reese ne peut venir à bout, et si, dans le second volet, Sarah Connor n'est plus une frêle jeune fille et se retrouve de surcroît épaulée par un Terminator, la fine équipe n'a que peu d'espoir de pouvoir contrer le terrifiant T-1000. Dans les deux cas nos héros traqués sont sous la menace permanente d'un ennemi tenace face auquel la fuite est toujours la meilleure option. Un sentiment de vulnérabilité quasiment absent de ce nouvel opus tant les personnages nous donnent l'impression d'être des guerriers de choc prêts à affronter toutes les situations. D'ailleurs, se sont eux à qui l'initiative revient la majeure partie du temps, leur antagoniste n'étant là que pour contrecarrer leurs plans plus que pour leur mener la chasse. Privé de cet aspect clé de la saga, ce nouvel épisode s'en trouve réduit à un énième film d'action plus proche d'un film de super-héros dans lequel les protagonistes vont sans peine à la castagne. Du coup, on s’ennuie, d'autant plus que le scénario n'apporte rien de très fort ni original pour sauver l'ensemble. Heureusement pour nous, nul besoin d'une machine à remonter le temps pour retrouver un Terminator de qualité : un bon lecteur DVD suffit.

A trois on y va








Un couple de trentenaires dans la banlieue lilloise, ils ont acheté une maison, ils s'aiment, ce qui ne les empêche pas d'être infidèles. Lui la trompe avec sa meilleure amie, Mélodie. Elle aussi le trompe, elle aussi avec sa meilleure amie, elle aussi avec Mélodie. Mélodie est avocate, elle aime le couple tout comme elle aime chacun de ses amants. Alors elle se démène pour faire cohabiter dans sa vie chacun de ces éléments en apparence incompatibles. Jérôme Bonnel renouvelle ici le triangle amoureux, pour un résultat plein de fraîcheur, qui toutefois, comme la grande majorité des films du genre, n'échappe pas à une fin en demi-teinte. Le tout est magnifiquement porté par la pétillante Anaïs Demoustier, parfaite dans ce rôle de jeune femme à cent à l'heure refusant de sacrifier l'amitié à l'amour, et l'amour à l'amitié.

Caprice




N'étant pas familier avec la filmographie d'Emmanuel Mouret, c'est par la bande annonce que je me suis laissé guidé vers ce film. Sur le papier l'histoire de cet homme lunatique et un peu gauche, se découvrant Don Juan malgré lui, amené à se débattre entre son amour pour la femme qu'il envie depuis toujours et les assauts pressants et répétés d'une jeune admiratrice s’avérait prometteuse. À l'écran, en revanche, on déchante bien vite. Car si les ingrédients sont réunis, l'émulsion ne prend pas. Le monde mis en scène par le réalisateur peine à convaincre. Pas une seconde il ne nous laisse l'impression que les personnages évoluent dans un univers qui pourrait exister au-delà des salles obscures. Ainsi, quelle que soit la situation, on se retrouve avec cette désagréable sensation de ne voir autre chose que des acteurs piégés dans un décor de cinéma. Pour ne rien arranger le film donne l'impression d'osciller entre les genres. Commençant comme une comédie légère, il cherche, parfois, une profondeur qui ne fait qu'en casser le rythme, là où, passée la seconde moitié, il hésite presque avec le thriller psychologique. De fait, ce qui s'annonçait comme un moment de légèreté nous étouffe dans une lourdeur plombante.

lundi 27 juillet 2015

La ligne rouge



Autant le dire tout de suite, La ligne rouge risque d'en rebuter certains. Il ne s'agit en effet pas d'un film de guerre au sens où on l'entend habituellement, mais plutôt un film sur la guerre et les hommes qui la font. Car si on retrouve ici les scènes de batailles propre aux films guerriers (dont la qualité n'a d'ailleurs rien à envier aux monuments du genre), Malick cherche plus à nous en montrer l'horreur et l'absurdité qu'à nous doper d'adrénaline en nous plongeant au cœur de l'action. Ici les soldats ne sont pas des machines à tuer surhumaines prêtes à braver le danger. Ils ont peur, peur de mourir, que ce soit avant l'assaut ou sur le champ de bataille. Cette peur ce change pour certains en folie, pour d'autre en courage, ne laissant au final d'un massacre confus. Ces scènes de combats sont entrecoupées de réflexions intérieures des différents protagonistes, arrêtant alors le temps pour ne laisser qu'une voix off flottant sur les images maîtrisées et contemplatives. Le résultat est parfois irréel laissant l'impression de visionner le film sous acides. De fait de son rythme (très posé), sa longueur (près de 3h), sa photo (superbe), sa narration, l’œuvre de Terrence Malick est difficilement comparable à ce qu'on a l'habitude de rechercher dans les salles obscures. Plaisante à voir, on ne pressera sans doute pas pour la revisionner à l’excès, pourtant, elle exerce encore, quelques heures après le générique, une certaine fascination.