Autant
le dire tout de suite, La ligne rouge risque d'en rebuter
certains. Il ne s'agit en effet pas d'un film de guerre au sens où
on l'entend habituellement, mais plutôt un film sur la guerre et les
hommes qui la font. Car si on retrouve ici les scènes de batailles
propre aux films guerriers (dont la qualité n'a d'ailleurs rien à
envier aux monuments du genre), Malick cherche plus à nous en
montrer l'horreur et l'absurdité qu'à nous doper d'adrénaline en
nous plongeant au cœur de l'action. Ici les soldats ne sont pas des
machines à tuer surhumaines prêtes à braver le danger. Ils ont
peur, peur de mourir, que ce soit avant l'assaut ou sur le champ de
bataille. Cette peur ce change pour certains en folie, pour d'autre
en courage, ne laissant au final d'un massacre confus. Ces scènes de
combats sont entrecoupées de réflexions intérieures des différents
protagonistes, arrêtant alors le temps pour ne laisser qu'une voix
off flottant sur les images maîtrisées et contemplatives. Le
résultat est parfois irréel laissant l'impression de visionner le
film sous acides. De fait de son rythme (très posé), sa longueur
(près de 3h), sa photo (superbe), sa narration, l’œuvre de
Terrence Malick est difficilement comparable à ce qu'on a l'habitude
de rechercher dans les salles obscures. Plaisante à voir, on ne
pressera sans doute pas pour la revisionner à l’excès, pourtant,
elle exerce encore, quelques heures après le générique, une
certaine fascination.

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