lundi 27 juillet 2015

La ligne rouge



Autant le dire tout de suite, La ligne rouge risque d'en rebuter certains. Il ne s'agit en effet pas d'un film de guerre au sens où on l'entend habituellement, mais plutôt un film sur la guerre et les hommes qui la font. Car si on retrouve ici les scènes de batailles propre aux films guerriers (dont la qualité n'a d'ailleurs rien à envier aux monuments du genre), Malick cherche plus à nous en montrer l'horreur et l'absurdité qu'à nous doper d'adrénaline en nous plongeant au cœur de l'action. Ici les soldats ne sont pas des machines à tuer surhumaines prêtes à braver le danger. Ils ont peur, peur de mourir, que ce soit avant l'assaut ou sur le champ de bataille. Cette peur ce change pour certains en folie, pour d'autre en courage, ne laissant au final d'un massacre confus. Ces scènes de combats sont entrecoupées de réflexions intérieures des différents protagonistes, arrêtant alors le temps pour ne laisser qu'une voix off flottant sur les images maîtrisées et contemplatives. Le résultat est parfois irréel laissant l'impression de visionner le film sous acides. De fait de son rythme (très posé), sa longueur (près de 3h), sa photo (superbe), sa narration, l’œuvre de Terrence Malick est difficilement comparable à ce qu'on a l'habitude de rechercher dans les salles obscures. Plaisante à voir, on ne pressera sans doute pas pour la revisionner à l’excès, pourtant, elle exerce encore, quelques heures après le générique, une certaine fascination.

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