Berlin
la nuit, une rencontre entre une jeune femme Espagnole et quelques
jeunes hommes du cru. Deux heures non-stop en compagnie de ces
fêtards. Deux heures, sur toute une vie, sur toute une nuit même,
c'est bien court, largement suffisant, pourtant, pour que tout
dérape. Il n'y a pas à dire, le synopsis de Victoria
à de quoi se montrer
alléchant, ajoutons à cela un film tourné en un unique plan
séquence ce qui,
outre la prouesse technique, à de quoi nous motiver en nous faisant
miroiter une aventure à cent
à l'heure. À
vrai dire ce n'est pas tout à fait le cas, car avant de nous plonger dans l'action
Sebastian Schipper cherche avant tout à développer ses
personnages. On déambule donc en compagnie de cette bande
joyeusement alcoolisée ne sachant pas, tout comme la jeune héroïne,
où cela va nous mener. Une approche pas inintéressante qui nous
permet notamment de comprendre ce qui pousse cette Victoria à
s'accrocher jusqu'au bout à ces inconnus éméchés là où la
prudence dicterait de tourner les talons. Le tout est servi par une
brochette d'acteurs convaincants et, il faut le dire, plutôt
attachants, mention toute particulière au premier rôle féminin
Laia Costa. La question se pose cependant de savoir si le plan
séquence était la meilleure solution pour ce type d'approche. En
effet, la première partie du film adopte un rythme très posé et on
se demande si des transitions plus rapides, sans rien enlever au
propos, auraient pu servir à dynamiser un peu plus le film dont le
changement de rythme tardif se trouve par ailleurs légèrement
plombé par quelques passages lors de la demi-heure finale dont la
réalité peut-être sujette à caution.

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