Un
homme au sommet de sa gloire, sa chute brutale puis sa lente
rédemption pour tenter de retrouver les chemins du succès.
L'histoire est un classique d'Hollywood tant elle résume à elle
seule le rêve américain. Le traitement ici ne prétend
révolutionner la chose, reprenant les archétypes du genre (les
fidèles qui se dispersent lorsque tout va mal, le manager guidé par
l'argent, l’entraîneur en marge des circuits remettant le héros
sur pieds...) pour nous conduire sur un chemin balisé. Comme souvent
pour ce genre de film c'est en la performance des acteurs que réside
ou non le succès du projet. En l’occurrence, Jake Gyllenhall qui,
dans le rôle titre, nous offre une interprétation de premier choix
et démontre une nouvelle fois son talent d'acteur. Plus discrets,
les seconds rôles n'en reste pas moins de qualités à l'image de
Rachel McAdams et Forest Whitaker (certes pas sa plus grande
performance, mais sa carrière offre une comparaison exigeante). Au
final le film est l'image de ce que fut un temps la boxe : on
connaît le résultat par avance mais le spectacle n'en reste pas
moins appréciable.
jeudi 6 août 2015
vendredi 31 juillet 2015
Renaissances
L'idée
autour de laquelle le film est bâti est plutôt originale mais
trouve ses limites lorsqu'il s'agit d'offrir un angle de traitement
novateur. En effet, passé le scénario, Renaissances
se révèle être un film d'action relativement classique utilisant
la trame et les codes du genre (le héros manipulé luttant contre
une organisation/entreprise mystérieuse prête à tout pour
préserver son secret, la fille à protéger, l'antagoniste
récurant…) sans parvenir à
y ajouter son petit plus.
Le résultat s'avère distrayant mais sans véritable surprise,
remplissant son contrat de film estival qui se laissera facilement
oublié passé le générique.
jeudi 30 juillet 2015
While we're young
Cela
commence avec la légèreté d'une comédie dans laquelle on se
laisse rapidement happer, puis le ton change peu à peu, gagnant en
sérieux. Plus que sur le couple incarné par Naomi Watts et Ben
Stiller, le film se focalise en fait sur la relation (presque
fascination) entre ce dernier et Adam Driver, dont le personnage
énigmatique se révèle le plus ambigu et travaillé. Si ce
développement offre des perspectives plutôt intéressantes, on
finit cependant par regretter l'élan insufflé en première moitié,
car la distinction trop marquée entre la partie comédie et la
partie drame entraîne inévitablement une nette baisse le rythme et
laisse au final l'impression d'une œuvre indécise.
mardi 28 juillet 2015
Terminator Genisys
Le
voyage dans le temps est tout de même une invention formidable.
Parce qu'il nous offre la chance de pouvoir rencontrer les grands
hommes du passé ? Parce qu'il nous permet d'enrichir nos
connaissances historiques ? Parce qu'il nous donne l'occasion de
corriger nos erreurs ? Oui, sans doute... mais surtout parce
qu'il est un moyen des plus efficace pour recycler les vieilles
licences. Alors que les deux derniers épisodes ont été loin
d'atteindre les sommets de leurs illustres prédécesseurs, les
producteurs ne se sont pas déclarés vaincus pour autant et nous offrent
un nouvel opus de la saga Terminator. Une suite en forme de reboot, car si
on débute en terrain connu avec la victoire sur les machines et
l'envoi de Kyle Reese dans le passé, les choses prennent très vite
une autre tournure à l'arrivée de celui-ci en 1984, et pour cause :
le passé à changé. À vouloir redonner un nouveau souffle à la
saga, le réalisateur oublie ce qui en a fait les fondements. En
effet, dans le premier épisode les héros se trouvent face à un
ennemi implacable et invincible dont même l'expérience militaire de
Reese ne peut venir à bout, et si, dans le second volet, Sarah
Connor n'est plus une frêle jeune fille et se retrouve de surcroît
épaulée par un Terminator, la fine équipe n'a que peu d'espoir de
pouvoir contrer le terrifiant T-1000. Dans les deux cas nos héros
traqués sont sous la menace permanente d'un ennemi tenace face
auquel la fuite est toujours la meilleure option. Un sentiment de
vulnérabilité quasiment absent de ce nouvel opus tant les
personnages nous donnent l'impression d'être des guerriers de choc
prêts à affronter toutes les situations. D'ailleurs, se sont eux à
qui l'initiative revient la majeure partie du temps, leur antagoniste
n'étant là que pour contrecarrer leurs plans plus que pour leur
mener la chasse. Privé de cet aspect clé de la saga, ce nouvel
épisode s'en trouve réduit à un énième film d'action plus proche
d'un film de super-héros dans lequel les protagonistes vont sans
peine à la castagne. Du coup, on s’ennuie, d'autant plus que le
scénario n'apporte rien de très fort ni original pour sauver
l'ensemble. Heureusement pour nous, nul besoin d'une machine à
remonter le temps pour retrouver un Terminator de qualité :
un bon lecteur DVD suffit.
A trois on y va
Un
couple de trentenaires dans la banlieue lilloise, ils ont acheté une
maison, ils s'aiment, ce qui ne les empêche pas d'être infidèles.
Lui la trompe avec sa meilleure amie, Mélodie. Elle aussi le trompe,
elle aussi avec sa meilleure amie, elle aussi avec Mélodie. Mélodie
est avocate, elle aime le couple tout comme elle aime chacun de ses
amants. Alors elle se démène pour faire cohabiter dans sa vie
chacun de ces éléments en apparence incompatibles. Jérôme Bonnel
renouvelle ici le triangle amoureux, pour un résultat plein de
fraîcheur, qui toutefois, comme la grande majorité des films du
genre, n'échappe pas à une fin en demi-teinte. Le tout est
magnifiquement porté par la pétillante Anaïs Demoustier, parfaite
dans ce rôle de jeune femme à cent à l'heure refusant de sacrifier
l'amitié à l'amour, et l'amour à l'amitié.
Caprice
N'étant
pas familier avec la filmographie d'Emmanuel Mouret, c'est par la
bande annonce que je me suis laissé guidé vers ce film. Sur le
papier l'histoire de cet homme lunatique et un peu gauche, se
découvrant Don Juan malgré lui, amené à se débattre entre son
amour pour la femme qu'il envie depuis toujours et les assauts
pressants et répétés d'une jeune admiratrice s’avérait
prometteuse. À l'écran, en revanche, on déchante bien vite. Car si
les ingrédients sont réunis, l'émulsion ne prend pas. Le monde mis
en scène par le réalisateur peine à convaincre. Pas une seconde il
ne nous laisse l'impression que les personnages évoluent dans un
univers qui pourrait exister au-delà des salles obscures. Ainsi,
quelle que soit la situation, on se retrouve avec cette désagréable
sensation de ne voir autre chose que des acteurs piégés dans un
décor de cinéma. Pour ne rien arranger le film donne l'impression
d'osciller entre les genres. Commençant comme une comédie légère,
il cherche, parfois, une profondeur qui ne fait qu'en casser le
rythme, là où, passée la seconde moitié, il hésite presque avec
le thriller psychologique. De fait, ce qui s'annonçait comme un
moment de légèreté nous étouffe dans une lourdeur plombante.
lundi 27 juillet 2015
La ligne rouge
Autant
le dire tout de suite, La ligne rouge risque d'en rebuter
certains. Il ne s'agit en effet pas d'un film de guerre au sens où
on l'entend habituellement, mais plutôt un film sur la guerre et les
hommes qui la font. Car si on retrouve ici les scènes de batailles
propre aux films guerriers (dont la qualité n'a d'ailleurs rien à
envier aux monuments du genre), Malick cherche plus à nous en
montrer l'horreur et l'absurdité qu'à nous doper d'adrénaline en
nous plongeant au cœur de l'action. Ici les soldats ne sont pas des
machines à tuer surhumaines prêtes à braver le danger. Ils ont
peur, peur de mourir, que ce soit avant l'assaut ou sur le champ de
bataille. Cette peur ce change pour certains en folie, pour d'autre
en courage, ne laissant au final d'un massacre confus. Ces scènes de
combats sont entrecoupées de réflexions intérieures des différents
protagonistes, arrêtant alors le temps pour ne laisser qu'une voix
off flottant sur les images maîtrisées et contemplatives. Le
résultat est parfois irréel laissant l'impression de visionner le
film sous acides. De fait de son rythme (très posé), sa longueur
(près de 3h), sa photo (superbe), sa narration, l’œuvre de
Terrence Malick est difficilement comparable à ce qu'on a l'habitude
de rechercher dans les salles obscures. Plaisante à voir, on ne
pressera sans doute pas pour la revisionner à l’excès, pourtant,
elle exerce encore, quelques heures après le générique, une
certaine fascination.
dimanche 26 juillet 2015
La femme au tableau
Forcée
de fuir l'Autriche par l'arrivée nazis à la fin des années
trente, une vieille dame lutte, cinquante ans plus tard, contre le
gouvernement de son ancien pays pour que lui soit restituer une série
de tableaux dont sa famille a été spoliée. Cette histoire était
taillée pour Hollywood qui a toujours eu le don d'adapter les luttes
judiciaires entre le « pot de terre » et le « pot
de fer » (Erin Brockovich en
est sans doute un des plus bels exemples).
Si on ne joue ici pas dans la même catégorie, Simon Curtis fait le
travail de
manière tout à fait convenable, nous livrant un film académique
avec un duo d'acteurs
irréprochable. Le résultat
est à la hauteur des attentes : balisé
et sans
grande
surprise mais tout à fait divertissant.
Microbe et gasoil
Lorsque
ce n'est pas lui qui bricole les images, c'est à ses acteurs qu'il
fait mettre les mains dans le cambouis, pourtant il ne faut pas s'y
tromper : du vélo boite à musique à la fameuse voiture
maison, chaque bizarrerie mécanique porte la patte de Gondry. Leurs
consœurs imaginaires aussi, d'ailleurs, car avant de s'échapper
physiquement sur leur drôle d'engin motorisé, les deux héros,
s'extirpent de leur réalité en la bricolant un peu, le premier par
le dessin, l'autre par les mots et le personnage qu'il se construit
de lui même. Tout comme Daniel qui voit débarquer Théo dans sa
classe, on se laisse un premier temps fasciner par ce dernier et son côté
anticonformiste faisant peu de cas de l'opinion des autres sur sa
personne. Contre toute attente, c'est finalement cette première
partie du film qui s'avère la plus intéressante, car une fois que
le duo prend la route, et malgré une ou deux péripéties pouvant
prêter à sourire, on peine à se passionner pour les adolescents et
se contente d'attendre la fin du voyage avec ennui.
Mad Max : fury road
Mad
Max. À l'évocation de ce nom c'est sans nul doute à l'univers
désertique et post-apocalyptique ayant vu le jour avec le second
opus de la série que les gens songent en premier. Cela tombe bien
car c'est sur ce même terrain de jeu que George Miller revient à
l'écran pour mettre en scène son héros. Au programme : de la
poussière, du sang, du plomb et du sans-plomb, pour une
course-poursuite effrénée à travers le désert. Sur ce point le
contrat est rempli et on ne tarde pas à filer à travers le sable au
milieu d'une horde de dégénérés prêts à tout. La folie,
justement, Mel Gibson l'avait qui brillait au coin de l’œil, Tom
Hardy lui, possède un comportement plus en retenu, celui de la brute
en retrait qu'il vaut mieux se garder de titiller de trop près. Un
changement de style qui ne s'avère toutefois pas si handicapant que
cela car, plus que Max, c'est Furiosa, interprétée par Charlize
Theron qui tient la tête d'affiche. Bien loin de son image d'égérie
pour un grand parfum, l'actrice Sud-Africaine s'en sort ici haut la
prothèse. Si le film ne déçoit pas côté action, on peut
regretter en revanche, qu'il se contente de nous balader à travers
les dunes en ligne un peu trop droite, ne nous autorisant pas à
explorer plus en profondeur l'univers mis en place par Miller, dont
la première partie du film nous laisse pourtant deviner la richesse.
Ant-Man
En
matière d'adaptation, la mécanique de Marvel est désormais bien
rodée : mettre à l'affiche un nouveau super-héros de son
catalogue pour ensuite l'intégrer à la joyeuse équipe des
Avengers. Place donc au nouvel élu, j'ai nommé Ant-Man. À première
vue, cela ressemble à une blague, un super héros ayant vu le jour
entre la poire et le fromage lors d'un repas de créatifs des studios
de cinéma. Pourtant, voilà déjà cinquante ans que l'homme fourmi
se balade sur les pages des comics. Force est toutefois de constater
que le héros est loin de jouir de la même notoriété auprès du
grand public que la plupart de ses collègues déjà portés à
l'écran. Paradoxalement, c'est sans doute ce côté outsider, qui
permet au petit nouveau de s'imposer. En effet, contrairement aux
grosses pointures, Ant-Man n'a pas la charge ici de sauver la planète
d'une horde de super-méchants vraiment méchants (à vrai dire, être
un super-héro, à la base, cela ne le branche pas vraiment) et se
contente d'objectifs plus modestes. Ainsi, même si l'histoire reste
classique et sans grande surprise, on échappe cependant au déluge
d'effets pyrotechniques et autres images de synthèse projetées
jusqu'à la nausée, ainsi qu'aux couplets moralisateurs et/ou
patriotiques auxquels les films de ce genre nous ont habitué.
L'humour en revanche, est un peu plus présent et un peu moins
convenu qu'à l'ordinaire se matérialisant notamment au travers de
l'équipe de bras cassés accompagnant le personnage. En conclusion,
un film de super-héros à l'échelle plus réduite qui n'en reste
pas moins un grand divertissement.
Victoria
Berlin
la nuit, une rencontre entre une jeune femme Espagnole et quelques
jeunes hommes du cru. Deux heures non-stop en compagnie de ces
fêtards. Deux heures, sur toute une vie, sur toute une nuit même,
c'est bien court, largement suffisant, pourtant, pour que tout
dérape. Il n'y a pas à dire, le synopsis de Victoria
à de quoi se montrer
alléchant, ajoutons à cela un film tourné en un unique plan
séquence ce qui,
outre la prouesse technique, à de quoi nous motiver en nous faisant
miroiter une aventure à cent
à l'heure. À
vrai dire ce n'est pas tout à fait le cas, car avant de nous plonger dans l'action
Sebastian Schipper cherche avant tout à développer ses
personnages. On déambule donc en compagnie de cette bande
joyeusement alcoolisée ne sachant pas, tout comme la jeune héroïne,
où cela va nous mener. Une approche pas inintéressante qui nous
permet notamment de comprendre ce qui pousse cette Victoria à
s'accrocher jusqu'au bout à ces inconnus éméchés là où la
prudence dicterait de tourner les talons. Le tout est servi par une
brochette d'acteurs convaincants et, il faut le dire, plutôt
attachants, mention toute particulière au premier rôle féminin
Laia Costa. La question se pose cependant de savoir si le plan
séquence était la meilleure solution pour ce type d'approche. En
effet, la première partie du film adopte un rythme très posé et on
se demande si des transitions plus rapides, sans rien enlever au
propos, auraient pu servir à dynamiser un peu plus le film dont le
changement de rythme tardif se trouve par ailleurs légèrement
plombé par quelques passages lors de la demi-heure finale dont la
réalité peut-être sujette à caution.
Je suis mort mais j'ai des amis
Le
film s'ouvre sur ce qui le décrit le mieux : un vieux punk des
années 80/90. C'est rapide, énergique, drôle, ça sent la bière
et même les frites (après tout c'est un film franco-belge), et
fonce droit au but. Nous voilà donc embarqué en compagnie de nos
vieux rockeurs, à la fois bourrus (Bouli Lanners) et gros nounours
(Wim Willaert), bien décidés à rendre hommage au leader décédé
de leur groupe en lui faisant accomplir (ou plutôt à ses cendres)
leur tournée aux États-Unis. Ceci sans oublier l'amant caché du
chanteur, un pilote d'avion de chasse surnommé Dany (comme Buck
Danny, évidemment) : une situation des plus banales finalement.
Bien entendu rien ne se passe comme prévu, et les péripéties
s’enchaînent à mesure que les personnages secondaires vont et
viennent. Le soucis c'est que le punk rageur et rentre dedans n'est
jamais aussi bon que lorsqu'il est assené à la mitrailleuse :
une douzaine de titres bien serrés sur une galette d'une demi-heure.
Au-delà le rythme finit bien souvent par mollir en milieu de
parcours. Après un début sur les chapeaux de roues, ce film, comme
d'ailleurs un certain nombre de road-movie, n'échappe pas à ce dur
constat. Heureusement, il reste encore un peu de jus dans les
guitares pour nous faire danser sur le final.
samedi 25 juillet 2015
La Isla minima
Il y a des films policiers qui se plaisent à manipuler le
spectateur, multipliant le rebondissements et les fausses pistes. La Isla mimina préfère nous rappeler ce qui fait le cœur du
genre : l'ambiance. Partant d'une histoire somme toute classique
de disparition se révélant être un double assassinat, le
réalisateur nous plonge dans une Espagne se relevant tout juste du
franquisme, au sein d'un petit village d'Andalousie cernés par les
marais. Dès les premières minutes on se sent saisi par la moiteur
pesante régnant sur les lieux. Il y a les regards, insistants,
parfois, souvent fuyants, les secrets, ceux du passés enterrés par
la mort de Franco, ceux liés au petits trafiques auxquels certains
membres de la communauté s'adonnent, et les autres, il y a la
suspicion, également, et surtout l'impression de ne pas toujours
être le bienvenu et qu'on ne pressera pas pour venir en aide, pas
évident, il faut dire, d'enquêter sur la disparition de deux jeunes
filles à la réputation facile dans une société où les femmes
n'ont pas encore leur place. Autant de sentiments que le spectateur
est amené à partager avec les héros, deux policiers débarqués de
la ville pour tirer cette affaire au clair. Le plus jeune est un
démocrate, affecté là en guise de représailles après sa critique
publique d'un ponte de l'armée, le plus vieux, un petit côté
roublard, a fait sa carrière sous la dictature. Ils ont en commun
cette soif de vérité qui les poussent à avancer en milieu hostile.
On les suit, comme un troisième membre de l'équipe, se laissant
happer par une histoire débitée d'un bout à l'autre sans superflu
ni baisse de régime, de la maîtrise, seulement. On se laisse à
penser aux grandes réalisations étasuniennes du genre, mais c'est
bien d'Espagne que nous viens cette bonne surprise. Un des films de
l'été à n'en pas douter !
Valley of love
À défaut d'être porté par son scénario – un couple divorcé se
retrouve dans la Vallée de la Mort sur les consignes de leur fils
qui s'est donné la mort six mois auparavant – c'est par ses
acteurs que Valley of love nous fait de l’œil. Ils sont au
nombre de trois : Huppert, Depardieu et le désert, celui-ci
affichant parfois sa présence avec quelques (trop) rares panoramas,
se faisant la plupart du temps discret, mais ne manquant pas de
rappeler son étouffante présence. Hébergés par le troisième les
deux mastodontes (au propre pour l'un d'eux (je vous laisse deviner
lequel), au figuré pour tous) du cinéma s'affrontent et se
disputent, sans que, par moment, on parvienne véritablement à déterminer
si le dialogue oppose les acteurs ou leurs rôles, à savoir Isabelle
et Gérard qui, chose étonnante, sont tous deux acteurs. On suit ces
joutes verbales avec plaisir en attendant, tout comme eux, qu'il se
passe quelque chose, ce qui n'arrive pas souvent dans ce film,
pourtant on n'a pas vraiment l'impression de s'ennuyer, ce qui est
plutôt bon signe.
Les minions
Simples
figurants dans le premier Moi moche et méchant les
minions, ces petites créatures jaunes gaffeuses et maladroites, ont
vite pris de l'importance, sauvant même par leurs facéties un
second opus plus fade que son aîné. Un fait d'arme qui les a tout
naturellement propulsés en tête d'affiche. Une bonne nouvelle au
premier abord pour tous ceux que la vue d'une banane rend désormais
hystérique. L'enthousiasme
risque toutefois d'être de courte durée, car,
que ce soit dans leurs deux précédents films ou les quelques
courts-métrages bonus les mettant à l'honneur, notre joyeux trio
exerce
avant tout
un comique à
sketch. Un aspect dont ils peinent à s'affranchir ici. Ce qui ne s'avère pas trop problématique durant la première moitié du film dont la
trame scénaristique parvient à maintenir la cohérence, devient catastrophique au cours la seconde qui se résume alors à
un enchaînement de situations
dont l'unique but et de laisser
nos compères se donner en spectacle. Un
aspect renforcé par le manque
de personnages
de poids pour donner la réplique à nos petits bonshommes. Même
la super vilaine Scarlet Overkill n'exerce finalement qu'un rôle de
second plan plutôt décevant.
Comme quoi, finalement, Gru et ses minions sont bien plus
complémentaires qu'on ne pouvait le penser...
Tale of tales
Une
bande annonce féerique, voilà le premier contact que l'on a pu
avoir avec ce Conte des Contes. Deux
minutes trente nappées de musique classique qui auront suffit à
nous ensorceler, rappelant à nous ces souvenirs lointains de
châteaux et forteresses,
de rois et de reines, de princes et de princesses, d'ogres et de
monstres, de magie et de mystère, semés
dans notre esprit au fil d'histoires contées au crépuscule par une
voix chaude et rassurante, ou encore ceux, fruits des premiers,
germant ensuite dans notre esprit pour se décliner en une infinité
d'aventures...
Car ce qui frappe dans ce film, c'est bien entendu son esthétique,
parfaitement maîtrisée, des paysages au personnages, nous offrant
une succession de tableaux baroques plus magnifiques les uns que les
autres, à l'image de ce roi, interprété par Vincent Cassel, se
réveillant à la brume d'une fontaine au milieu de ses conquêtes
lascivement assoupies. Si la
forme s'avère envoûtante, le fond, en revanche, peine à
convaincre. Car aucune des trois histoires constituant ce film ne se
révèle particulièrement passionnante, nous
accrochant au premier abord mais échouant ensuite à nous tenir en
haleine, pour parfois nous laisser sur notre faim. Le
récit entremêlé ne permet
d'éviter qu'à moitié
l'aspect « film à
histoires », celles-ci
partageant la même trame temporelle et le même monde sans que pour
autant elles ne soient liées ou ne s'impactent véritablement. Une
plus forte intégration aurait sans doute permis de créer un intérêt
plus vif pour cet univers et éviter que la beauté des images ne se
trouve entachée par l'ennui.
L'écume des jours
S'attaquer
au roman de Boris Vian était un pari risqué tant les inventivités,
à la fois linguistiques, mécaniques et visuelles de l'auteur
semblent peu disposées à se laisser figer sur pellicule. Seulement
ce n'est pas à n'importe qui que l'imposante tache a été confiée
mais à un autre bricoleur, d'images celui-ci. Et Gondry n'a pas
chômé pour tenter de nous transcrire cet univers magique dans son
style bien personnel d'assemblages en carton-pâte, version évoluée
de nos livres d'enfants qui ne demandaient qu'à s'animer lorsqu'on
venait titiller une de leurs nombreuses languettes.
Pari
réussi donc ? Et bien non. Car si le réalisateur s'est attelé
avec sérieux à la tâche, le résultat projeté à l'écran n'en
reste pas moins sa vision de l’œuvre. C'est bien là toute la
limite de l'exercice : les textes de Vian, plus que tout autres,
sont un moteur pour l'imaginaire du lecteur, le guidant, certes, dans
la construction de l'univers qu'ils décrivent, mais lui laissant une
marge suffisante pour y projeter ses interprétations et fantaisies.
Une liberté interdite au cinéma où, dans le cas présent, les
images ne font que dérober et anéantir l'imaginaire du spectateur.
Dès lors, les mécanismes mis en place par Gondry peinent à
transcender leur formes primaire et ne restent sur l'écran que comme
des bidouillages de colle et de papier.
Mais
c'est sur le fond, plus que la forme, que le réalisateur échoue
totalement. Les personnages du roman de Vian, à l'aube de leur
vingtaine, prennent ici corps sous les traits d'acteurs ayant pour la
plupart largement dépassés la trentaine, difficile, dans ces
conditions, de ressentir la fraîcheur insufflée par le roman. Le
pire étant le couple Duris/Tatou qui restera comme un des plus froid
du cinéma et pour lequel on n'éprouvera à aucun moment du film une
quelconque empathie, ou comment saborder une histoire d'amour
tragique. Difficile de croire qu'il y a presque 10 ans, le même
Gondry nous offrait, dans un registre similaire, le merveilleux et
poétique The Eternal Sunshine of the Spotless Mind.
Pixels
Une
menace inconnue en provenance des tréfonds de l'univers, une armée
et un gouvernement impuissant et une équipe de bras cassés mis à
la marge en guise de sauveurs de l'humanité. Reprenant la base de
bon nombre de blockbusters pleuvant chaque été dans nos salles,
Pixels en joue ici la parodie. Oubliez les hordes d'aliens
sanguinaires et les militaires désavoués mis à la retraite
anticipée par leur hiérarchie, place ici aux héros vidéo-ludiques
des bornes d'arcade des années 80 auxquels devront faire face ces
mêmes (vieux) gamins dont les doigts aguerris faisaient péter les
high-scores trente ans plus tôt. Entre courses-poursuites avec
Pac-Man et extermination de Centipede, le film s'évertue donc à
passer en revue l'ensemble des clichés des grosses productions
estivales pour mieux en grossir le trait. On retrouve donc le héros
dont la vie est restée bloquée sur un échec passé, l’héroïne
intelligente et sexy repoussant les avances de celui-ci (jusqu'à ce
que...), le type badass qu'on sort de prison, sans oublier l'amiral
toujours prompt à faire parler la poudre quelle que soit la
situation… Un résultat divertissant dont certains passages
pourront toutefois agacer par leur humour simpliste et leur côté
caricatural poussé à l'extrême. Au final c'est le plus gros
reproche qu'on peut faire à ce film : avoir joué la carte de
la dérision totale plutôt qu'une critique plus subtile se prenant
(faussement) au sérieux comme la bande-annonce pouvait laisser à le
croire, à la manière d'un Tim Burton dans Mars Attack.
Inscription à :
Articles (Atom)
















